Une bougie à la mémoire des victimes du Holodomor

Une bougie

A l’occasion de l’Anniversaire du Holodomor, cette grande famine artificielle en Ukraine Soviétique de 1932 à 1933, nous republions la communication de Mykola Cuzin du Comité Ukraine 33 :

Comme bien d’autres événements en cette difficile année 2020, la pandémie aura eu raison des commémorations du Holodomor qui se sont toujours tenues fin novembre, à Lyon, depuis plus de 20 ans.

La sécurité et la santé de nos concitoyens doit l’emporter, c’est bien normal. Mais ce n’est pas sans une certaine tristesse que nous renoncerons ce samedi 28 novembre à nous rassembler place Antonin-Poncet, sur le site du Mémorial arménien et de tous les génocides, pour prier et évoquer le souvenir de nos millions de compatriotes emportés en 1932-33 par la haine génocidaire de Joseph STALINE.

Que cela ne vous empêche pas de rester en pleine communion spirituelle avec les commémorations qui se tiendront en Ukraine même et dans toutes les diasporas ukrainiennes à travers la monde.

Mykola Cuzin lors de son intervention Mémorial lyonnais de tous les génocides en novembre 2019
Mykola Cuzin lors de son intervention au Mémorial lyonnais de tous les génocides en novembre 2019.
Crédit photo : Markiian Peretiatko (cliquez pour en savoir plus)

A ce titre, nous vous invitons à nouveau à participer le plus largement possible à l’action « Une Bougie derrière la fenêtre » initiée en 2003 par le regretté James MACE.

En Ukraine, toutes les bougies seront allumées à 15h00, soit 16h00 heure française. Et puis, à Lyon, c’est bientôt le 8 décembre… je suis sûr que vous avez déjà tout ce qu’il faut.

Personnellement, en lien avec le Holodomor, je retiendrai quelques faits marquants de cette année qui s’achève.

Tout d’abord, cette autre lumière née du long combat de la reconnaissance et portée par un film qui évoque un faiseur d’obscurité : je veux parler bien sûr du magnifique film L’Ombre de Staline de Agnieszka Holland sorti difficilement au premier semestre et resté malheureusement relativement confidentiel en raison des contraintes sanitaires.

Cliquez pour écouter les impressions des participants de la séance du film L’Ombre de Staline

Et puis ce constat, effarant, d’un président russe, d’une armée russe…. qui malgré l’avancée de la pandémie au printemps et son rebond après la rentrée… ont persisté à maintenir des opérations guerrières – assauts, ruptures de cessez-le-feu, provocations diverses – sur le front , dans le Donbass, au moment où l’urgence sanitaire et la compassion auraient dû les inciter à jeter toutes leurs forces dans la seule bataille humainement acceptable, la lutte contre le virus COVID-19, sur leur propre sol. Une telle persistance dans la volonté de harceler et de détruire les descendants des survivants d’un génocide perpétré par un tortionnaire qu’il réhabilite par ailleurs en dit long sur la profonde corruption morale du régime russe, héritier affirmé, fier et absolu du boucher Staline.

Malgré tout, c’est la première fois que les spectateurs non avertis ont pu découvrir à l’écran, sous la forme d’un quasi documentaire le courage et l’audace du journaliste gallois Gareth Jones qui fut l’un des rares journalistes occidentaux à avoir pu enquêter dans les campagnes ukrainiennes alors dévastées par la famine-génocide et surtout, à avoir relaté fidèlement, avec constance et au mépris de sa carrière et de sa réputation le terrible massacre qui se jouait à ce moment-là dans le coeur même de l’Ukraine, sous les yeux stupéfaits d’un monde qui cherchait surtout comment ne pas voir.

Heureusement, dans cette résistance à la logique mortifère moscovite, l’Ukraine a trouvé en cette année 2020 un allié de poids avec le soulèvement massif et pacifique des forces démocratiques bélarusses opposées vent debout à une énième réélection de leur dinosaure de président. Qu’il nous soit permis de penser que cet esprit de résistance a pu leur être insufflé en partie par la Révolution ukrainienne de la Dignité de 2014-2015 dont les fondements reposaient largement sur la mémoire du Holodomor. Au moment de vous souhaiter un recueillement paisible et en famille pour ce samedi, je me prends à espérer qu’il y aura de part le monde au moins une bougie pour chaque enfant, pour chaque femme, pour chaque homme sacrifiés sur la riche terre noire d’Ukraine il y a maintenant 87 ans.

Mykola et Guénia CUZIN, Comité Ukraine 33

L’original de cet article se trouve sur la page Facebook de Mykola CUZIN


Regarder une visioconférence autour du film « L’Ombre de Staline », avec la réalisatrice Agnieszka Holland, l’historienne Iryna DMYTRYSHYN et Laurent HARMEL de Condor Entertainment, société de distribution du film « L’Ombre de Staline » en France

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.