MAÏDAN INFERNO : dernière ligne droite avant la création

La compagnie théâtrale « Collapse » de Lyon créera le spectacle « Maïdan Inferno » le 21 septembre au Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes de Charleville-Mézières. C’est la première pièce traduite de l’ukrainien à entrer au répertoire du théâtre francophone. 

la pièce de l‘ukrainienne Neda Nejdana suit les destins croisés de révolutionnaires ukrainiens depuis l’intervention des forces armées para-militaires contre eux jusqu’à l’annexion de la Crimée et l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

“Charleville-Mézières est la capitale des marionnettes connue dans le monde entier. Donc évidemment je suis très heureux de pouvoir présenter ce spectacle à cet endroit-là”, dit Clément Peretjatko de la compagnie Collapse, metteur en scène et marionnettiste de Maïdan Inferno.

Nous l’avons rencontré dans son atelier lyonnais. Clément est en train de fabriquer les têtes de marionnettes à partir du papier de riz.  “Ces têtes représentent les révolutionnaires. Pour moi, ils sont dans une position fragile face aux forces de l’ordre. Et c’est pour ça que je voulais qu’au sein même de la marionnette, il y ait une certaine fragilité. D’où l’utilisation du papier”, explique Clément.

Les sculptures en plastiline pour la création des têtes en papier

Une autre particularité: les têtes n’ont pas de nez, de bouche et d’yeuxC’est inspiré des visages qui sont dans la tradition des poupées ukrainiennes, les motankas.

Les marionnettes sont utilisées dans les intermèdes du spectacle, qui est un genre littéraire utilisé dans le Vertep (le théâtre de marionnette traditionnel ukrainien), éclaircit Clément.

Le metteur en scène est impressionné par le que fait des formes de Vertep se sont d’ailleurs jouées sur le Maïdan. Par le recours à l’allégorie, la foule y a vu Poutine au travers d’Hérode, et la jeunesse ukrainienne au travers des enfants assassinés.

De g. à d. : L’auteure Neda Nejdana, les comédiens Anthony Liébault et Amandine Vinson, la traductrice Estelle Delavennat et le metteur en scène Clément Peretjatko (Kiev, 2018) (crédit photo : Neda Nejdana)

Selon Estelle Delavennat, traductrice de la pièce, lorsque le Maïdan s’est produit, elle ressentait le besoin de « faire quelque chose pour l’Ukraine ».

Neda Nejdana se trouvait alors en résidence d’écriture à la Maison d’Europe et d’Orient à Paris. Elle est venue à l’INALCO présenter le projet de traduire du théâtre ukrainien contemporain et de faire appel à des traducteurs volontaires à cette fin.

« Je lui ai fait part de mon intérêt, car il s’agissait pour moi de lutter, par des actes positifs, contre la propagande de Poutine qui consiste à dire que les Ukrainiens n’existent pas », explique la traductrice.

« Si nous parvenons à montrer la culture ukrainienne sous toutes ses formes, à faire s’exprimer les Ukrainiens au nom d’eux-mêmes,  fût-ce par l’intermédiaire de traductions, cela démontre que les Ukrainiens, leur culture et l’Ukraine existent, et ne laisse pas le champ libre à des personnes ou structures malintentionnées pour s’exprimer à leur place sur ce qu’ils désirent pour eux-mêmes », conclut Estelle.

Auteur de l’article : Markiian Peretiatko

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